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Blog à part

Si ça ne vient pas de l'AFP c'est que ça n'est pas réellement arrivé!


Ca dézingue en Corse 36

Publié par Desmoulins sur 5 Mai 2021, 17:35pm

Catégories : #Le milieu Corse, #crime organisé, #France

Alors désolé ces dossiers corses ont pris du retard et il va falloir donc rattraper tout ça. On a tout 2019 à traiter.

Une drôle d'affaire datant de 2016 qui refait surface tout d'abord celle des parfums volés de la société l"Occitane à Manosque. En octobre dernier, plusieurs personnes, dont Jacques Mariani, 52 ans, et Aurélie Merlini, 33 ans, ont été placées en grade à vue. Le Parquet de Bastia vient de requérir le 15 janvier contre eux des peines de 3 ans de prison pour avoir tenté de revendre la marchandise auprès d’un producteur corse. La Procureure a également réclamé des peines de 4 mois de prison avec sursis à 18 mois de prison contre les trois autres prévenus. Le jugement est en délibéré et le 5 février, Mariani et Merlini sont relaxés tout comme un troisième larron. Seuls 2 des prévenus sont donc confirmés coupables du vol de 74 kilos d'huiles essentielles. Les procès sont là pour faire attendre entre 2 fusillades. 
Une règle qui ne déroge pas en Corse et le 1er règlement de compte de 2019 a eu pour cadre la Place Porta dans le centre de Sartène. Vers 10h30 ce 15 janvier, deux tireurs à pied prennent pour cible le gérant du jardin de l'Echauguette, Humbert D., 37 ans, et parviennent à s'enfuir en voiture devant une foule de témoins. Une trentaine de balles ont été tirés, une folie quand on sait à quel point cette place est fréquentée. La victime a été présentée comme un proche d'une fratrie de criminels locaux. 
Ce père de famille aurait-il seulement été la victime d'une guerre de clans qui ne le concernait pas ? C'est ce que pense sa famille.

Braquage de papier

Un procès devait se tenir ce 22 janvier à marseille. Une histoire de faux-monnayage que l'on croyait dévolu au passé, en tout cas en France, car en Italie, cela reste uen des spécialités de la Camorra, la mafia napolitaine. 
Si aucuns camorriste à proprement parlé ne fait partie des 6 prévenus, On va pourtant parler de Naples. Le 28 septembre 2008, 3 ressortissants tunisiens sont interpellés à l'aéroport de marseille avec sur eux 5 millions de dinars algériens (environ 37.000 euros). Les enquêteurs vont s'apercevoir de plusieurs allers et venues entre napolitains et marseillais dans leurs villes respectives et les écoutes téléphoniques vont finir par mettre des noms derrière cette affaire. 2 criminels issus du grand banditisme, Mrc Clair, 58 ans et Gérard Chevrière, un fils de des plus fameux.
Chevrière a déjà un dossier sur le râble, celui du casse d'une bijouterie toulonnaise en juillet 2012. Visiblement multi-cartes, Chevrière et Clar auraient monté un projet de fabrication de fausses coupures de 1.000 dinars algériens. Les italiens de leurs côtés avaient recruté un graphiste et un imprimeur, alors que les marseillais avaient détourné un camion de papier fiduciaire venu d'Allemagne en novembre 2006, soit 44 bobines. 
En tout cela fait 19 tonnes de papier, de quoi convertir ça en 15 milliards de dinars (150 millions d’euros). Et le pied de nez c'st que ce papier était destiné à la Banque Nationale Algérienne. Le 11 septembre 2009, la Brigade volante de Naples mène son raid et interpelle le graphiste et l’imprimeur, et 145.000 faux billets sont saisis. Les marseillais sont arrêtés en parallèle en France. 
Aujourd'hui le problème c'est que les justices et autorités des deux pays s'entendent moins bien que ses criminels et que des problèmes de procédure ont repoussé le procès à une date ultérieure. Ca parlait du 13 mars mais votre rédacteur n'a rien vu passer. 10 ans pour une procédure c'est un peu long.
En souhaitant des jugement plus rapides, deux réseaux corso-pinzu ont été démantelés en février et en mars. La 1ère opération à Corscia (Haute-Corse) a d'abord connu un épisode en Espagne avec une série d'interpellations qui ont ensuite conduit la police dans le Niolu. 
La 2ème opération a elle été permises après l'arrestation de deux passeurs de drogues à Bastia porteurs de 2,2 kilos de cocaïne. Une marchandise venue tout droit des Pays-Bas. 8 arrestations dotn le supposé chef Toussaint R..
Le 13 mars, Antony Perrino, PDG du journal Corse-Matin et dirigeant de l’une des plus importantes entreprises de BTP et de promotion immobilière de Corse est placé en garde à vue sur des soupçons d’abus de biens sociaux et de blanchiment de fraude fiscale au profit d’un membre de la bande du «Petit Bar». 
Les policiers de la brigade financière s’intéressent notamment aux conditions dans lesquelles il loue à Pascal Porri, lieutenant de Jacques Santoni, un appartement à Ajaccio.
Également entendus en garde à vue, Porri et sa compagne Valérie Mouren (employée à la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Ajaccio) disposaient d’un logement de 200 m² (avec minoration de loyer) au dernier étage de la résidence Albert-Ier, face à la mer, un projet immobilier du groupe Perrino. Les enquêteurs cherchent également à savoir si l’argent qui a permis à Porri d’acheter, en liquide, une moto de grosse cylindrée et une voiture (une Porsche) , ne venait pas d’Antony Perrino. Libérés à l’issu de la garde à vue, les deux hommes devraient être convoqués devant le Tribunal Correctionnel. La garde à vue est levée dans la soirée. (Mediapart)
Une affaire à rebondissement comme on le verra.

Encore le Petit Bar

Début avril, c'est un procès d'évasion qui se tient à la 7ème chambre du tribunal Correctionnel de marseille. Un dossier léger mais qui connaitra pourtant bien 3 condamnations association de malfaiteurs en vue de la préparation d’une évasion organisée» et «détention d’armes et de munitions».   il y a 4 ans la police interpelle le trio qui préparait "la sortie"  de deux gros noms ronflants, Jean-Bernard Leca, 45 ans, proche de la «Bande du Petit Bar» condamné entre autres) à 29 ans pour le meurtre de Noël Andréani (ex membre du MPA comme lui et officieusement à l'époque de sa mort garde du corps de Guy Orsoni le fils d'Alain) et Brice Desrayaux, 33 ans, mis en cause dans un assassinat lié au narco-banditisme marseillais et le meurtre de Karim Régaoui en juillet 2014. Tous deux purgent leurs peines à la prison d'Aix-Luynes et c'est un troisième détenu Kamel Mimar, un braqueur qui purge 10 ans, qui auraient mandaté ses proches pour la dite évasion selon la thèse de l'accusation. A  noter que ni Leca ni Desrayaux ne sont poursuivis. Ibrahim Rabih prend 7 ans, Félix Bingui et Karim Djebar 5 ans.
Le 15 avril c'est encore dans un centre historique, celui d'Ometo cette fois en Corse du Sud que le 2ème règlement de comptes de 2019 se déroule. Hassan S. est abattu à la sortie d'un restaurant par deux hommes de plusieurs coups de chevrotine. Si la victime avait un casier il ne s'agit que de faits mineurs selon Corse Matin. Encore une fois le mobile semble tout trouvé et pourtant on devrait s'agacer de tisser la même toile de fond du crime organisé et de la vendetta à ces faits divers et dramatiques. Et ce même, si en Corse la châtaigne ne tombe jamais bien loin du châtaignier.


La médiatisation de ces assassinats posent question surtout que les forces anti-mafia de l'île se renforce et ne cherche aucunement la discrétion dans ses actions. Justement ce n'est qu'en mai 2019 que l'on apprend (par voie de presse) que durant l'été 2018, six biens confisqués à la grande criminalité corse ont été revendus lors d’enchères publiques pour un montant de plus de 2,4 millions d’euros. Comme le rappelle un article de France 3 Corse, "l’Agence de Gestion des Avoirs Saisis et Confisqués (AGRASC) entend désormais donner une plus grande publicité à son travail et à ce genre de vente, pour servir d’exemple". 
Parmi les biens revendus figure une villa de 141 mètres carrés appartenant à Jean-Luc Germani, située dans le contrebas des collines de Talasani. Saisie en 2014, confisquée par jugement en 2016. La mise aux enchères était de 219.000 euros, elle a été vendue à 285.000 euros, plus bas que le prix du marché.
Le 17 mai, la Cour d’Appel de Bastia a confirmé le peine de 10 ans de prison prononcée en première instance en novembre 2017 contre le chef d'un réseau alimentant le sud de la Corse en cocaïne, Étienne Leca. Condamné à une amende de 3.000 euros, il a par ailleurs été relaxé (comme en première instance) pour participation à une association de malfaiteurs en lien avec un projet d’acheminement de cannabis par un hélicoptère.
Étienne Leca, 58 ans, avait déjà été arrêté à Genève en février 1997 pour le racket d’un avocat suisse ayant une propriété en Corse. Son nom était aussi apparu en 1996 quand 2 de ses proches avaient été interpellés avec de la cocaïne au retour des Antilles. (Corse-Matin)
Puisqu'on parle de procès le 9 juin, dans le procès de l'assassinat d'Antoine Nivaggioni, Éric Coppolani condamné à 25 ans de prison Antoine Mondoloni à 10 ans. 

Le printemps a été chaud.

Pas moins de 3 règlement de comptes vont se succéder en 1 mois entre Pietralba et le port de Bonifacio.
D'abord ce 13 mai, un véritable un guet-apens a été tendue au jeune Antoine Francisci, 22 ans au volant d'un Buggy (qui s'est avéré volé à un ressortissant hollandais en février dernier à Corte) est tombé, alors qu'il circulait sur la route du col de San Colombanu, lieu dit "Alivu", non loin d'une ancienne carrière de Pietralba. On ne connait pas dns le détail le modus operandi du meurtre mais quoi qu'il en soit il est retrouvé mort, tué par des tirs de fusil de chasse.
Antoine n'était connu des services de gendarmerie que pour des faits de délits routiers. Dans la nuit du 17 au 18 juin, l'enquête permet les interpellations de 7 personnes en Balagne et à Ponte-Leccia et parmi elles, une surprise de taille, un ponte de la BDM, Dominique «Mimi» Costa. Que vient-il dont faire dans un tel dossier ? 
Pierre-Louis V., déjà connu pour violences avec armes après des coups de feu contre une boite de nuit de Corte en septembre 2016 et Mathieu F. sont été mis en examen et incarcérés, le 24 juin, pour meurtre en bande organisée et un 4ème homme, François S., mis en examen pour association de malfaiteurs et laissé libre sous contrôle judiciaire. (Corsenetinfos.corsica, France 3 Corse, Le Parisien)
8 jours plus tard c'est sur la rocade de Porticcio, à Grosseto Prugna que Nicolas Kedroff a été pris pour cible et tué alors qu'il circulait à bord sa voiture.
Il venait de quitter son domicile. Une voiture calcinée avait été retrouvée a deux kilomètres des lieux du meurtre. Nicolas Kedroff était connu des services de police et de justice pour des affaires liées au grand banditisme. Il avait été mis en cause dans des affaires d'assassinat et de tentative d'assassinat, et était toujours sous contrôle judiciaire. (France 3 Régions) En avril 2011 il avait été mis en examen avec Paulu Andria M., 20 ans pour une bagarre dans une discothèque de Porticcio et possession d'armes (pour Paulu). Kedroff était connu comme un proche des jumeaux Pantalacci après avoir fait ses classes dans une autre équipe de la pègre corse de Sartène. Quelle est l'allégeance qui lui a valu d'être sur une liste d'hommes à abattre ? L'enquête devra vite le déterminer afin de désamorcer les tensions qui vont grandissantes dans la zone.

La guerre des bateliers

Vers 8h00 ce 11 juin, les abords du port de Bonifacio, la commune la plus méridionale de la France métropolitaine, sont encore calmes en ces 1ères heures de la matinée mais plusieurs détonations résonnent dans le ciel bleu azur. 
Paul-Dominique Rocca, 52 ans, une figure locale tombe sous les balles. Connu des services de police, son frère, François Rocca, avait déjà été tué par arme à feu en avril 1999. Paul-Dominique avait été condamné en 2016 à trois ans de prison ferme pour extorsion en bande organisée. Une affaire qui avait mis en lumière une nouvelle fois les tensions et les rivalités entre les bateliers bonifaciens.
Il a été la cible d'un ou plusieurs tueurs qui l'attendaient alors qu'il se rendait sur le port. Il a été touché de 4 balles malgré sa tentative de se réfugier dans son bateau.
Les investigations vont bon train cette fois-ci et s’orientent vers une éventuelle reprise du conflit entre les bateliers bonifaciens. 
Dans les années 1990 et 2000, une série d’assassinats avait défrayé la chronique et la création de la SMPB (Société des Promenades en mer de Bonifacio un projet qui fusionnait plusieurs compagnies de bateliers avec un guichet unique) n’avait pas réussi à taire les appétits à défaut des armes. 
Ces dernières années, trois homicides ont été classés par les enquêteurs dans le dossier des «bateliers de Bonifacio» :
Mai 2004, Antoine-Joseph "Jojo" Cantara, batelier de 65 ans, tué d’une balle dans la tête sur le port de Bonifacio.
Septembre 2010, Joseph-Antoine Demasi est pris pour cible par des tueurs à Porto-Vecchio.
Avril 2013, Jean-Sébastien Gros, batelier de 32 ans assassiné dans le jardin du domicile familial à Sant’Amanza.
Autant de morts mis sur le compte d’un contexte sulfureux auquel les grands noms du banditisme corse ne sont pas étrangers. A ajotuer aussi l'assassiant de François déjà mentionné plus haut qui avait eu aussi lieu dans le cadre de ce conflit.
Dans un article publié dans le journal Le Monde daté du 8 décembre 2017, une écoute policière, réalisée lors d’un parloir entre Ange-Toussaint Federici et son cousin Paul, mettait en évidence les intérêts du «clan Federici» dans le secteur touristique des promenades en mer dans l’extrême Sud de la Corse. Dernièrement, des lettres de menaces adressées aux agents de la réserve de Scandola ont justifié une attention accrue des services de police et de gendarmerie sur la question des promenades en mer dans l’ouest de la Corse.
En Balagne, des affaires d’extorsion dans le milieu des bateliers ont également été signalées, bien que «le contexte soit sans commune mesure avec ce qui se passe ou s’est passé à Bonifacio», d’après une source judiciaire. 

France 3 Corse ; Corse-Matin, Le Monde, Alta Frequenza, Corsenetinfos.corsica, Le Parisien , le Nouvel Obs

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