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Si ça ne vient pas de l'AFP c'est que ça n'est pas réellement arrivé!


Donato Bergamini, autopsie d'un mystère calabrais. Partie 2

Publié par Desmoulins sur 14 Avril 2022, 15:25pm

Catégories : #'Ndrangheta, #Société, #Italie, #Calabre, #Justice

Donato "Denis" Bergamini et Isabella Interno (Fanpage.it)

Donato "Denis" Bergamini et Isabella Interno (Fanpage.it)

La version d'Isabella sur les pressions extérieures a été à travers les décennies sujet à plusieurs investigations journalistiques qui découlaient d'un possible chantage lié au «totonero».
Le 5 janvier 1990 le journal l'Unita écrivait ainsi «Moins d'une semaine avant sa mort, après
la rencontre Monza-Cosenza, chez lui à Boccaleone, un appel téléphonique aurait profondement choqué Denis. On dit qu'au fil de la conversation il en avait des sueurs froides :
Quelques heures avant la fin tragique (et la veille de la rencontre Cosenza-Messine) deux personnes lui auraient rendu visite, lors de la mise au vert de l'équipe à Rende.

Article de l'Unita du 5 janvier 1990.

Article de l'Unita du 5 janvier 1990.

Cette info difficilement vérifiable va orienter plus que jamais les enquêteurs sur la piste d'un possible crime lié au totonero (paris).
Le totonero est un mot dérivé de totoscommesse, mot italien pour désigner les paris sportifs. C'est surtout le nom donné à une énorme affaire de corruption qui a frappé le Calcio à la fin des années 70. Si cette activité est aujourd'hui légiférée depuis un décret de 1998, dans les années 80 il est encore interdit.
Avec plus de 30 ans de recul, les zones d'ombres persistent toujours et les certitudes sont peu nombreuses dans ce dossier. Dès le début de l'affaire l'investigation semble avoir été bâclée, or on le sait, les premiers jours sont primordiaux dans ce type d'enquête. 
Le mobile d'un crime lié à des activités de paris fait partie des pistes suivies puis avortées depuis 3 décennies. 
Le premier procureur de l'affaire, Ottavio Abate s'était engagé sur cette voie, à la seule foi d'une lettre anonyme, parmi les nombreuses reçues, qui parlait d'un lien entre la mort de Denis et des paris clandestins gérés non pas par la 'Ndrangheta, la mafia locale, mais la Camora, l'organisation campanienne dont l'expertise dans ce domaine relève du sacerdoce.
Abbate se fend donc d'une lettre et le 6 décembre 1989, il demande au procureur de Naples s'il enquête ou non sur les événements du totonero et s'il existe des liens avec l'équipe de Cosenza.
Le procureur demande des «réponses urgentes», et il va etre plus que satisfait. Six jours plus tard, un épais dossier du Criminalpol napolitain arrive sur son bureau.
A l'intérieur Abate va y trouver une information qu'il croit de 1ère importance. Un dialogue téléphonique relevé entre 2 camorristes impliqués dans les paris, l'un surnommé «Sasà» et l'autre «Patrizio».

Tifosi de Cosenza (Metro News)   le dossier du CriminaPol (Quotidiano del Sud)Tifosi de Cosenza (Metro News)   le dossier du CriminaPol (Quotidiano del Sud)

Tifosi de Cosenza (Metro News) le dossier du CriminaPol (Quotidiano del Sud)

Une consigne interne ?

Dans cette conversation enregistrée par les carabiniers, Sasà prétend avoir "deux résultats sûrs" : l'un est le match Brescia-Gênes, qui se terminera par un match nul; l'autre fait référence au match Catanzaro-Cosenza qui, plus tard, se terminera par une victoire 3-0 des Giallorossi de Catanzaro. Le joueur, sur écoute, ne révèle pas les pronostics gagnants par téléphone, mais affirme avoir eu la consigne («imbeccata») de Giovanni Di Marzio, l'entraîneur qui un an plus tôt avait fait monter Cosenza de la Serie C à la Serie B et qui a maintenant pris la direction de Catanzaro, actuellement très mal classé, et dont il doit améliorer la situation sportive au plus vite.
Après ces écoutes, le nom de l'entraîneur sera inclus dans un rapport judiciaire ainsi que ceux de trente-cinq autres personnes signalées pour association mafieuse avec la Camorra, trafic de drogue, recel d'or et d'objets précieux, vente  d'emplois à l'hôpital et comme pour Di Marzio soupçon de «totonero».
Ce doute va planer quelques temps au dessus de «Gianni» coach mythique du Mezzogiorno ayant écumé tous les plus gros clubs locaux durant 25 ans et disparu en janvier dernier. Mais l'affaire sera remisée et même Abate après avoir mené les enquêtes habituelles, se trouve incapable de lier cette défaite dans le derby aux événements tragiques ayant menés à la mort de Denis. 
A noter d'ailleurs que Bergamini, pour ce match était revenu dans le groupe après une longue blessure et ne restera sur le terrain qu'une heure avant d'être remplacé.  
Abate va finalement conclure son enquête avec la thèse du suicide. 
Les choses semblaient dites mais pourtant trente ans plus tard, le nouveau procureur Facciolla décidera d'explorer à nouveau la thèse de l'homicide lié à des activités criminelles.

Raffaele Pisano (Quotidiano del Sud)

Raffaele Pisano (Quotidiano del Sud)

Remuer le passé 

A ce moment-là, le procureur de Castrovillari avait sous contrôle la quasi-totalité des relevés téléphoniques des joueurs qui jouaient avec Denis à l'époque et il estimait qu'il fallait donner un os à ronger aux médias espérant aussi faire ressurgir quelques troubles. Et en mai 2017, il remet une info à une journaliste de la Rai, sur la forme d'un faux scoop, annonçant un tournant dans l'enquête. Il ne s'agit plus d'un mobile passionnel, on suit désormais la piste des matches truqués avec l'éventuelle implication du clan de Michele Zaza le roi napolitain de la contrebande de cigarettes dans les années 80.
Il va s'avérer que cette nouvelle va bel et bien remuer le passé mais cela ne va rien amener de concret dans la présente enquête. L'article de Quotidiano del Sud note justement que «ça ne fera que réveiller quelques fantômes dont on ignorait l'existence». Que 1989 soit l'année où Cosenza a raté sa montée en Serie A à la dernière journée, reste un souvenir difficile pour les acteurs de l'époque, et particulièrement les ex-coéquipiers de Denis, de Luigi Simoni à Claudio Lombardo, en passant par Maurizio Lucchetti et Michele Padovano.
D'où vient cette information que Facciolla fait fuiter ? Le journal Quotidiano del Sud fait état d'une conversation téléphonique. Non daté, cet échange a été versé au dossier d'accusation du CriminaPol. 
Si on en croit la retranscription du quotidien calabrais, les interlocuteurs sont Luigi Simoni qui exprimait ses regrets de cette montée loupée en 1989, et son ex coéquipier Michele Padovano. Les 2 hommes y évoquent également un coéquipier - pas Bergamini - qui aurait eu l'habitude de «vendre des matchs», selon les mots employés. 
La conversation se concentre sur un match en particulier : celui à domicile contre Empoli, disputé en mai 1989, dans les dernières journées décisives pour la montée. 
Cosenza s'impose 2-0 grâce à un doublé de Bruno Caneo, mais Simoni évoque un autre souvenir beaucoup plus innatendu qui se produit au coup de sifflet final. Un joueur toscan  (le nom n'a pas filtré) s'en prend à Alberto Urban, un attaquant de Cosenza, lui reprochant ainsi qu'à ses coéquipiers de ne pas avoir respecté l'accord initial, à savoir partager les enjeux.

Donato Bergamini, autopsie d'un mystère calabrais. Partie 2

«Mais quel accord - aurait répondu Urban choqué par de tels propos, nous on doit aller en Serie A».

Qui avait établi, du côté Rossoblu, que ce match devait se terminer par un match nul ? Simoni et Padovano semblent connaitre l'identité d'une personne qui, selon eux, était au courant de ce pacte illicite. 
L'identité de l'homme restera secrète. Quotidiano del Sud se refusant à dévoiler le nom du «fautif». Tout juste donne-t-il une information. Il ne s'agit pas d'un joueur.

L'équipe de Cosenza de la saison 1988-89. (magazinepragma)

L'équipe de Cosenza de la saison 1988-89. (magazinepragma)

Donato Bergamini, autopsie d'un mystère calabrais. Partie 2

«Parce qu'il s'agit d'un homme qui n'existe plus, qui a laissé une trace importante à Cosenza, un vrai gentleman qui comme tel mérite qu'on s'en souvienne, (...). Pourtant, désormais, ils sont là, dans les actes de l'enquête, et il n'est plus possible de les ignorer. C'est quand même pire».

Dans le dossier, on trouve aussi un interrogatoire effectué à la demande de Padovano aux magistrats pour parler du totonero. Il s'agit d'un entretien au cours duquel le futur attaquant de la Juventus certifie comment, selon lui, cette saison épique d'un point de vue sportif pour toute une ville a été conditionnée par au moins un match truqué : une défaite 2-0 en mars 1989, face à une équipe de rang inférieur, Barletta, une équipe des Pouilles dont les Loups (ndlm le surnom du Cosenza Calcio) n'auraient dû faire qu'une bouchée. Ce jour-là, Bergamini n'est pas sur le terrain car il est toujours blessé. L'ancien attaquant ajoute qu'il a appris cette information de plusieurs sources directes sans en indiquer une avec précision. Toutefois, il est certain de ce qu'il dit: «Nous, les jeunes, n'avons rien remarqué à l'époque, mais l'apprendre après tant d'années ... euh ... cela a fait beaucoup de mal.» raconte-t-il aux policiers.
Il semble clair depuis 1989 que les activités du totonero n'ont rien à voir avec la mort de Donato Bergamini, mais la même piste a été explorée de nouveau entre 2011 et 2014, lors de la première enquête du procureur Giacomantonio qui se rangera finalement là aussi aux conclusions de la thèse du suicide de la 1ère enquête.
Pourtant tous les procureurs de Castrovillari n'auront eu de cesse de maintenir ouvert la possibilité d'un crime lié au crime organisé comme si c'était la seule évidence auquel la Calabre ne peut échapper, comme le nez au milieu de la figure, le sempiternel crime mafieux.

(La Grinta)

(La Grinta)

Les vices sont souvent des habitudes plutôt que des passions.

Tous ces faits et contextes s'entremêlent dans un cocktail sirupeux «made in Calabre» rendant la réalité plus amer qu'un Vecchio Amaro del Capo, le fameux alcool de Limbadi.
Dans un monde où le crime organisé se trouve à l'orée de chaque bois, au bout de chaque rue et contigu à chaque famille, les enquêtes arrivent toujours à trouver un indice d'une collusion mafieuse à chaque affaire.
Chaque parole, chaque geste se doivent d'être décortiqués. Il n'y a pas de hasard, pas de fatalité, l'explication doit être simple. La main de la mafia est à l'œuvre à chaque instant. 
En ce sens «l'enquête de moralité» qui a visé Raffaele Pisano, le routier qui a écrasé le malheureux Denis est révélateur de ces obsessions. Durant des années plusieurs procureurs auront tenté d'en faire la pierre angulaire d'un complot criminel. La vérité semble tout autre.
Mais tout de même comme il ne semble ne jamais y avoir de hasard en Calabre, dans la série de notes biographiques dont il a fait l'objet, on remarque un fait important. Son beau-frère Antonio Cimato, le frère de sa femme, a disparu à Rosarno le 24 décembre 1986. Son corps est retrouvé plusieurs jours plus tard avec plusieurs balles dans la tête dans une champ d'agrumes dans la campagne de Candidoni, victime d'une guerre entre les clans de la plaine de Gioia di Tauro. 
Ce nom de famille «Pisano» est également celui d'une 'ndrina (unité de base équivalent à un clan/famille) ndranghetiste de la région de Reggio liée au puissant clan Pesce. Raffaele n'a pas de casier et il n'y a pas de relation de parenté même de loin entre lui et ces Pisano là, mais attention «il est intéressant de noter» comme l'écrivent les policiers, que la fille du patron homonyme vit dans la même rue où habite le routier : elle est au numéro 59 et lui au 68. Les hasards dans les détails, toujours.

La théorie de Facciolla

Parmi tous les procureurs en charge de l'affaire, un va pousser l'investigation plus loin. Il s'agit d'Eugenio Facciolla qui rouvre le dossier en 2018. Celui qui a tenté de secouer le cocotier via la presse va passer à l'étape suivante. A l'époque les 2 précédentes enquêtes avaient conclues à un suicide mais lui a une conviction, la 'Ndrangheta a quelque chose à voir avec cette histoire. 
Se basant sur les rapports scientifiques (évoqués dans la partie 1) qu'il s'agit bien d'un meurtre, le magistrat de Castrovillari va «enrôler» 4 coopérateurs de justice. 4 hommes qui n'ont jamais donné aucune info sur cette affaire et d'ailleurs aucun des prédécesseurs de Faciolla ne leur en avait jamais demandé jusque là.
Franco Pino, Francesco Garofalo, Giuseppe Vitelli et Nicola Belmonte sont quatre anciens 'Ndranghetistes de Cosenza, chacun avec des rôles et des niveaux de responsabilités différents et qui collaborent avec la justice depuis près de trente ans.
Comme rapporté par le Quotidiano del Sud, Facciolla considère "que leur ignorance en la matière est la preuve à la démonstration de sa théorie : étant donné que le meurtre de Bergamini est un meurtre - selon la science - si la pègre n'en sait rien, cela signifie qu'il a été planifié et exécuté en privé". Leur silence est donc vu comme une omerta exercé de façon abrogatoire pour accentuer les soupçons sur Isabella et sa famille.
Vitelli, affidé du clan Perna-Pranno et tueur impitoyable qui ne se souvient même pas combien de meurtres il a commis. Il collabore pourtant avec la justice depuis 1995 après avoir été parmi les protagonistes les plus actifs de la guerre mafieuse menée dans la ville entre 1977 à 1985.
Il fut aussi le copropriétaire de l'une des rares boîtes de nuit de l'époque, le "Rende's Akropolis".
Comme les destins se croisent souvent dans cette zone. Les témoignages de Vitelli et Francesco Garofalo évoquent notamment une soirée dansante où le tout jeune Michele Padovano, le joueur du Consenza Calcio peut-être un peu excité, aurait fait du gringue à une femme qui n'était autre que celle de Vitelli. 
Dans le passé, il y a des jeunes gens qui ont perdu la vie pour s'être trop approchés des femmes de Vitelli, mais cette fois-là rien n'est arrivé. Padovano a pu compter sur la protection d'Antonio Paese, un «gros joueur» local qui va finir criblé de balles devant son bar, au centre de Cosenza, le 9 juillet 1991 dans une affaire tout à fait différente.

De gauche à droite, Garofalo ; Vitelli ; Belmonte et Pino (Quotidiano del Sud)De gauche à droite, Garofalo ; Vitelli ; Belmonte et Pino (Quotidiano del Sud)De gauche à droite, Garofalo ; Vitelli ; Belmonte et Pino (Quotidiano del Sud)
De gauche à droite, Garofalo ; Vitelli ; Belmonte et Pino (Quotidiano del Sud)

De gauche à droite, Garofalo ; Vitelli ; Belmonte et Pino (Quotidiano del Sud)

Sous la protection d'un mafieux 

Paese était un homme bien intégré dans l'environnement du football de Cosenza et de ses membres. L'un de ses night-clubs via Panebianco, son fief, était un lieu de rencontre régulier pour beaucoup d'entre eux. Après la promotion en B en 1988, il avait mis sur pied une grande fête dans son quartier à laquelle toute l'équipe des Loups de Cosenza participera. 
Cette personnalité est la clé de voûte d'une théorie que Facciolla a établi.
Paese aurait exercé un rôle de «protecteur» auprès des joueurs, les empêchant d'avoir des soucis dans une ville où la densité criminelle est à l'époque détonnant et les embrouilles s'enveniment vite. Après le drame de Rosato, c'est le clan Perna-Pranno qui aurait entamé une enquête parallèle à celle de la justice pour faire la lumière sur l'incident. Garofalo prétend qu'il était le numéro deux de la cosce, en contact direct avec les boss. Il aurait demandé à un des leaders, Mario Pranno, de lui confier la tâche d'enquêter, mais au final même lui ne pourra pas trouver d'éléments pour ébranler la version d'Isabella Interno.
Personne au sein des groupes criminels ne savait rien de cette histoire, un refrain également repris par le 3ème larron Nicola Belmonte. Tous, selon Quotidiano Del Sud, précisent qu'ils n'ont jamais cru à l'histoire du suicide de Denis. 
Même son de cloche chez Franco Pino lors de son interrogatoire du 30 octobre 2018. S'il ne sait rien du drame de Roseto, le boss affirme toutefois avoir trouvé étrange qu'aucun membre du club de Cosenza ne se soit tourné vers lui pour lui demander d'enquêter sur la mort de Bergamini étant donné que, selon lui, ses relations avec certains des dirigeants étaient très soutenus. À son avis, cela se serait produit parce que l'entreprise craignait qu'une enquête sérieuse ne puisse découvrir un autre type d'affaire «qui ne sentait pas la rose» comme celui du trucage de matchs. «J'étais convaincu que personne n'avait intérêt à découvrir la vérité» déclare-t-il aux enquêteurs.

L'équipe de Cosenza en 1988. Bergamini est en pull rouge (Quotidiano del Sud)

L'équipe de Cosenza en 1988. Bergamini est en pull rouge (Quotidiano del Sud)

L'homme du scandale

Facciolla pense connaitre un tournant quand en février 2018 il reçoit une demande d'entretien d'un autre mafieux, Pietro Pugliese qui lui a écrit depuis sa prison de Teramo.
Visiblement il a des choses à dire sur Donato Bergamini. 
Pour ceux qui ne le savent pas Pietro n'est pas n'importe qui, il est celui par qui le scandale est arrivé. Dans les années 90, il a été l'accusateur principal de Diego Armando Maradona le désignant à la tête d'un réseau international de trafiquants entre Naples et Buenos Aires. Le procès du «Pibe de Oro» finira par l'acquittement de la légende argentine. 
Pugliese est-il un homme crédible ? Facciolla le rencontre le 2 mars pendant presque 1h30. Ce qui en ressort c'est que Pugliese adore raconter l'histoire de Maradona à qui veut bien l'entendre. Après plusieurs longues minutes de palabre, Facciolla et les deux enquêteurs qui l''accompagnent parviennent à le faire revenir au sujet qui les intéresse. Pugliese explique alors que le nom de Denis lui est revenu aux oreilles un soir de novembre 89 quelques jours après sa mort. Il s'agit selon lui d'une conversation que plusieurs joueurs du Napoli ont eu en sa présence à propos de trafic de drogue entre Naples et la Calabre. Un trafic dans lequel Donato n'a eu aucune implication mais les  accusés auraient osé l'hypothèse qu'il avait été éliminé comme un témoin gênant.
Des conjectures en somme, auxquelles Pugliese ajoute une rencontre qu'il affirme avoir eue, précisément à Castrovillari, avec un dirigeant de Cosenza, pendant une période de semi-liberté dont il bénéficiait. Son interlocuteur autoproclamé aurait confirmé que Denis avait été tué, mais l'a renvoyé à un nouveau rendez-vous qui n'aura jamais lieu, pour tous les détails. À ce moment-là, Facciolla conclut l'entretien d'un lapidaire : «Pour le moment, on peut s'arrêter là». 

Les ouï dire et les miroirs aux alouettes sont légion dans les affaires de meurtre surtout dans un tel contexte criminel que j'ai maintes fois rappelé. Les instincts des magistrats se doivent d'être au taquet pour distinguer le bon grain de l'ivraie. La famille de Donato entrevoit enfin malgré tout une issue grâce à la détermination de Facciolla qui est le 1er à croire à un homicide comme eux.
Malheureusement cette histoire n'en a pas fini avec les rebondissements et même la justice elle-même ne sera pas épargnée...


Continua...

 

Soruces : Quotidiano del Sud ; QuiConsenza ; La Grinta ;

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